La tentation de la censure

(actualisé le )

Le député, le Goncourt et le ministre

Eric Raoult, député UMP, a demandé la semaine dernière par une question écrite au ministre de la Culture de rappeler aux primés des prix
littéraires un « ...nécessaire devoir de réserve qui va dans le sens
d’une plus grande exemplarité et responsabilité... ». Le député s’en
prend alors aux propos tenus par la nouvelle lauréate au prix Goncourt,
Marie Ndiaye, qui avait qualifié la France de Nicolas Sarkozy de
« monstrueuse » dans une interview parue dans les Inrocks le 30 août .
En réponse à ce courrier de M Raoult, l’écrivain avait demandé
l’intervention de Frédéric Mitterrand.

Aujourd’hui 12 novembre, dans une interview à radio France Bleu, notre
ministre se refuse à arbitrer, jugeant que les deux parties avaient le
droit de dire ce qu’elles veulent.

Il est scandaleux qu’un ministre de la République ne rappelle pas à un
député que le devoir de réserve n’existe que pour les fonctionnaires. Il
est gravissime de ne pas dénoncer dans les propos de ce député une
tentative de censure.

Mais M Raoult n’en est pas à son premier essai : le 31 octobre 2009 il
avait approuvé publiquement l’expulsion de Tunisie par les autorités de
Florence Beaugé journaliste au Monde. Cette journaliste avait été
expulsée pour n’avoir pas couvert la campagne électorale comme le
souhaitait le pouvoir. Cela n’empêche pas M Mitterrand, toujours sur
Radio France Bleu, de rappeler que M Raoult « ...est un ami et un homme
très estimable... » .
Pour nous M Raoult n’est pas un ami parce qu’il se comporte comme un homme d’extrême droite !