Fermeture du centre archéologique de Bourges

(actualisé le )

Lettre-ouverte au Président et au Directeur général de l’Inrap
concernant la fermeture du centre archéologique de Bourges

Messieurs,
Vous avez décidé de muter d’office les agents affectés sur Bourges vers les centres d’Orléans et de Tours par une simple lettre émanant de la DRH pendant les congés d’été (27 juillet), avec effet au 31 octobre 2011 au plus tard : c’est honteux et inacceptable.

Les agents de Bourges ont d’ailleurs refusé en bloc cet ultimatum par une lettre commune le 30 août dernier.
Vous balayez d’un trait de plume l’existence d’une résidence administrative, sans aucune consultation des instances paritaires et dans l’illégalité la plus totale : inadmissible.

Le seul endroit où le sort de Bourges a été abordé est une commission, émanation du CTP local de CIF, dont les réunions ont été régulièrement annulées par l’administration et qui n’a donc jamais pu mener son travail à bien : lamentable.

Sans aucune projection comptable, vous quittez un territoire équivalent à deux départements où l’activité archéologique est régulière depuis trois décennies : insensé !

En les expédiant à 125 ou 165 km de leur domicile actuel (quel choix !), vous exigez des agents et de leur famille qu’ils changent totalement de vie, sans tenir compte des emplois des conjoints en pleine crise économique, ni de la scolarité des enfants. Vous voulez les pousser à la démission ? Irresponsable.

Vous faites payez aux agents que vous avez affectés à Bourges votre propre incurie en ne mettant pas de locaux à leur disposition. Pourtant, cela fait des années que l’hébergement gracieux par le service départemental a pris fin et que vous n’avez pas été capable de signer une convention avec ce service ou de faire des recherches de locaux de substitution. Le coût d’une base, somme toute modeste, serait largement inférieur aux frais de fonctionnement que vous allez générer : scandaleux !

La présence des agents de Bourges sur un territoire qui génère une activité archéologique constante permet une économie substantielle. Assumer ces chantiers avec des agents exclusivement en grand déplacements serait une aberration financière, scientifique et humaine : illogique !

L’Inrap affirme vouloir limiter les déplacements et donc les risques routiers. Or, l’activité sur le Berry se fera entièrement en grand déplacement. Vous ignorez vos propres règles de sécurité en jetant plus d’agents sur les routes : dangereux !

En pleine reconquête des aménageurs, en pleine politique d’affichage national de l’institut dans un cadre concurrentiel fort, nous perdons notre crédibilité d’opérateur historique face aux élus, aux aménageurs dont les agents de Bourges étaient devenus des partenaires récurrents et identifiés : aberrant !

Vous affectez d’office une dizaine d’agents supplémentaires sur d’autres centres archéologiques déjà plein : un non-sens !

Nous ne sommes pas dupes. Cette fermeture de Bourges, comme celles d’autres centres archéologiques de dimensions modestes, à vos yeux, correspond exactement au « schéma d’implantation territorial des centres archéologiques » de Février 2007. Ce projet fumeux, conçu dans les hautes sphères de l’Inrap, a été vivement combattu par tous les agents et les organisations syndicales à l’époque. Il n’a jamais été validé par les instances paritaires et était donc réputé mort et enterré. Vous essayez de faire en douce ce que vous n’avez jamais pu officialiser : c’est lâche et indigne d’un institut devant couvrir tout le territoire national et dirigé selon une bonne gouvernance !

Le Snac-FSU est contre ces mutations d’office et soutient les agents concernés.
Nous invitons tous les agents de la région Centre, et d’ailleurs, à manifester leur solidarité par tous les moyens qu’ils jugeront opportuns dans les prochaines semaines.

Le Snac-FSU, section Inrap, le 15 septembre 2011