Communication au MCC : le changement c’est pour quand ???

(actualisé le )

Dans une interview publiée dans le Monde du 10 septembre, Aurélie Filippetti fait état de l’arrêt de huit projets portés par le ministère. Depuis, aucune communication, aucun débat en interne, silence total de notre administration.

On aurait pu penser qu’avec le changement annoncé, les agents du MCC ne seraient plus contraints, comme par le passé, d’apprendre par voie de presse ce qui se passe dans leur ministère, ce n’est apparemment pas le cas.

lettre ouverte suite à l’article du Monde en date du 10 septembre 2012

Madame la ministre,

Lors de votre arrivée, nous avons été sensibles à votre volonté de placer le dialogue au cœur des pratiques de notre ministère. Plus récemment, vous écriviez dans une circulaire destinée aux chefs d’établissements « Nous devons mettre en place une véritable culture du dialogue ».

C’est donc avec étonnement que nous avons appris par la presse, dans une interview que vous avez accordée au Monde le 10 septembre, l’abandon, sur fond de problèmes budgétaires, de plusieurs projets importants de votre sphère ministérielle.
La surprise fut d’autant plus vive que certains de ces projets faisaient l’objet de discussions en cours avec de nombreux partenaires, dont les organisations syndicales.

Nous sommes donc fondés à penser que la pratique courante d’un ministère qui oublie régulièrement de s’appuyer sur ses services et ne les informe que par la presse n’a pas connu l’infléchissement que nous avions cru pouvoir attendre de l’alternance politique.
Le procédé est d’autant plus surprenant que cette liste de projets abandonnés amalgame sans façon des projets politiquement suspects et que nous combattions avec d’autres, arrêtés pour de simples soucis d’économie.

Qu’il nous soit donc permis de vous interroger directement : l’article du Monde a-t-il transcrit fidèlement vos propos ? Cette liste est-elle exhaustive ou bien, avec la chute des feuilles, les semaines qui viennent nous réservent-elles d’autres surprises ?

Pour mémoire, cette liste comprend :
La maison de l’histoire de France
Le musée de la photo à l’hôtel de Nevers
Le centre d’art pariétal de Lascaux IV
La salle de la comédie française à la Bastille
La tour Utrillo à Clichy-Montfermeil
Les archives photographiques d’Arles
Le centre des réserves de Cergy
L’hôtel de la marine

Sans compter l’ajournement de dépenses incontournables de travaux à Versailles et au Grand Palais.

Si nous nous félicitons de l’arrêt du projet de délocalisation des laboratoires de recherche à Cergy qui projetait de réorganiser à minima les unités de recherche concernées, la nécessité de solutions concrètes pour les réserves des musées nationaux restent d’actualité.
Nous accueillons aussi avec soulagement l’annonce de l’arrêt du projet inutile et néfaste de la Maison de l’histoire de France.

En revanche, concernant Lascaux IV, nous nous étonnons qu’un projet qui allie un souci de conservation d’un élément majeur du patrimoine mondial et une volonté de développement territorial soit taxé sans autre procès de « projet non prioritaire » à arrêter.

Parallèlement, les projets maintenus évoqués dans l’article (la Philharmonie, le MUCEM, les archives nationales à Pierrefitte et le musée Picasso) mélangent, eux aussi, des dossiers aboutis et des dossiers bâclés. Nous rappelons notamment notre opposition à l’externalisation des fonctions accueil et surveillance de Picasso et du MUCEM, et nous attendons toujours, concernant ce dernier, la communication publique d’un projet scientifique et culturel, jusqu’ici totalement absent de ce projet maintenu.

Rien, dans la lecture de l’article du Monde, ne nous laisse entrevoir les justifications et le mode de décisions qui ont présidé à vos choix. Vos propos mettent sur le même plan les projets sans fondement, ceux qui ont une aura médiatique et ceux qui ont une légitimité en matière de médiation scientifique et culturelle, tout cela sans débat.

Or, considérant qu’on ne saurait se satisfaire de la seule logique budgétaire imposée par Bercy pour juger de la pertinence de ces projets, il serait important que les critères de vos choix soient clairement exposés sur la place publique et non gardés à l’état implicite.

Cette politique de retrait ne saurait être sans conséquences pour les personnels du ministère et pour l’organisation des services. Nous vous demandons de réunir rapidement un comité technique ministériel ayant pour ordre du jour une perspective complète des projets du ministère dans un contexte de récession budgétaire annoncée.

Veuillez agréer, Madame la ministre, l’expression de notre profond respect.

pour le SNAC-FSU

Frédéric Maguet
Secrétaire général