A l’attention de Monsieur Michel Clément, Directeur de l’architecture et du patrimoine

(actualisé le )

Il est inconcevable que nous soyons encore contraints, année après année, à réaffirmer le bien fondé de l’étude et la sauvegarde du patrimoine archéologique, tant dans sa portée scientifique que dans ses enjeux en termes d’aménagement du territoire

Les agents INRAP de région Centre signataires
Centre archéologique Inrap
3 av. Claude Guillemin
45060 Orléans la Source

Orléans, le 28 mars 2006

à l’attention de Monsieur Michel Clément, Directeur de l’architecture et du patrimoine

Vous avez récemment diligenté une mission d’inspection de la SDARCHETIS auprès du SRA Centre. Cette mission a été motivée par une note de la direction générale de l’Inrap en date du 28 février 2006. Cette dernière reprochait au SRA une « explosion » des prescriptions qui aurait eu pour conséquence de mettre l’Inrap devant de graves difficultés.
Si le rapport d’inspection a déjà montré le non-fondé de ces assertions, nous tenons également à vous faire part de notre position.

La région Centre connaît de longue date un accroissement régulier du nombre de dossiers d’aménagement du territoire et une forte pression économique. Face à cette dynamique, le SRA Centre a toujours essayé de concilier recherche, sauvegarde du patrimoine et activité économique. Dans une région qui a vu éclore la discipline d’archéologie préventive, la politique de prescription d’opérations archéologiques est profondément ancrée dans les pratiques de la DRAC. Cette politique a permis un renouvellement considérable des connaissances scientifiques depuis les années 1970 et de fortes avancées méthodologiques, notamment en matière d’archéologie urbaine.

Vouloir aujourd’hui diminuer le nombre des prescriptions, c’est revenir sur cette politique patrimoniale et ses acquis, c’est porter le discrédit sur l’intérêt de la discipline.
Vouloir aujourd’hui limiter les prescriptions d’Archéologie préventive aux seuls projets de grande ampleur, c’est proposer une vision mécanique et comptable de l’Archéologie, en lieu et place d’une problématique scientifique, et prendre le risque, par exemple, de stopper toute recherche sur l’origine et l’évolution des villes, l’occupation et l’organisation d’un territoire ou encore sur le bâti, protégé ou non.

Il est inconcevable que nous soyons encore contraints, année après année, à réaffirmer le bien fondé de l’étude et la sauvegarde du patrimoine archéologique, tant dans sa portée scientifique que dans ses enjeux en termes d’aménagement du territoire.

A l’heure où l’institut de recherche, en tant qu’opérateur principal d’archéologie préventive, se trouve dans une situation difficile et est mis à mal de toutes parts (moyens humains et financiers insuffisants, voire en baisse), c’est désormais aux services de l’Etat, en tant que prescripteur auxquels on s’attaque.

C’est l’ensemble des acteurs de l’archéologie préventive qui est désormais visé, avec un risque inacceptable de voir cette discipline perdre son sens.
C’est pourquoi nous réaffirmons notre soutien et notre solidarité envers nos collègues du service régional de l’Archéologie.

Les agents Inrap de la région Centre