Voeux de la Culture 2020

Chères et chers collègues,

Voilà maintenant plusieurs semaines que nous sommes mobilisés pour le retrait du projet de réforme des retraites Macron et pour porter nos revendications dans le domaine des retraites qui sont les suivantes :

● âge légal de départ à 60 ans à taux plein après 37,5 ans de cotisations et un taux de remplacement à 75 % pour une carrière complète ;
● maintien du calcul sur la base des 6 derniers mois de traitement pour les fonctionnaires et sur les 10 meilleures années au lieu des 25 meilleures années pour les salarié·es du régime général, ainsi que pour les contractuel·les de droit public qui sont nombreux au ministère de la Culture ;
● maintien de tous les régimes spéciaux et des pensions civiles ;
● minimum retraite au moins égal au SMIC.

 Vendredi dernier, à l’issue d’une journée de mobilisation qui a permis la fermeture du musée du Louvre toute la journée, le Ministre a décidé d’annuler ses vœux ; la Culture a décidé de maintenir les siens. Ce soir nous sommes tous et toutes rassemblés sur cette Esplanade pour fêter cette nouvelle année de lutte contre les politiques sociales régressives de ce gouvernement mais pour fêter aussi et surtout notre unité, notre fraternité et notre capacité à proposer des alternatives crédibles pour les travailleurs et travailleuses, les jeunes et les retraités et leur permettre une vie digne.

Et de l’argent, il y en a :
Il est possible de financer un système de retraite par répartition plus juste ! Cela suppose un autre partage des richesses en faveur de ceux et celles qui les créent, les travailleurs/ses. En effet, le gouvernement oublie de mentionner que :

● Les retraites, c’est 330 milliards en 2018 ;
● Le soi-disant déficit du système des retraites est de 3 milliards d’euros en 2018 ;
● Le travail dissimulé et les non cotisations des gros employeurs à l’URSSAF équivalent à 24 milliards/an ;
● Le CICE, c’est 37 milliards par an donnés sans contrepartie aux grandes entreprises ;
● Le CAC 40 c’est 80 milliards de bénéfice par an dont 54 milliards pour les actionnaires ;
● Le total de nos cotisations salariales, c’est 400 milliards. Baisser le chômage de 1%, c’est 4 milliards de cotisations en plus.
● Aujourd’hui, sur l’ensemble des cotisations, celles des salariés représentent 40% et celles des employeurs 60%. Il y a 15 ans, c’était 30% et 70%. 100 milliards de plus pour les patrons et 100 milliards de moins pour nous !
● Exiger l’égalité de salaire femmes/hommes, c’est 4 milliards de cotisations en plus !

Nous avons donc toutes les bonnes raisons de continuer à nous battre contre ce projet de destruction de nos retraites et de défendre nos revendications.

De plus, le ministère de la Culture continue de subir les conséquences désastreuses de la politique gouvernementale de mise à mal des services publics et dénommée Action Publique 2022, qui prévoit entre autre :

● le recours systématique aux contractuel·les notamment sous « contrat de projet » à durée déterminée pouvant être rompu à tout moment et n’ouvrant droit ni à la CDIsation, ni à la titularisation ;
● la mise en place d’un plan de départ volontaire ouvert aux titulaires et contractuel·les ;
● la généralisation de la rémunération individualisée prétendument fondée sur le « mérite » ;
● la suppression des compétences des Commissions Administratives Paritaires (CAP) en matière de mutation et de promotion sans égalité de traitement.
 A cela se rajoute des réorganisations mettant en cause les collectifs de travail, des modes de management agressifs, de la précarité, des salaires toujours trop bas, un point d’indice gelé, un plan de rattrapage indemnitaire insuffisant et des carrières bloquées.
 Au ministère de la Culture, cela se traduit par le Plan de Transformation Ministériel, qui prévoit :
● 800 suppressions d’emplois au minimum d’ici 2022, dont 300 en administration centrale ;
● la déconcentration de dispositifs gérés par les services d’administration centrale vers les Directions Régionales des Affaires Culturelles (DRAC) et établissements publics sans mesure d’impact sur le travail ni sur les moyens nécessaires ;
● l’ultra-centralisation des « fonctions support » au Secrétariat général, l’affaiblissement des directions métiers ; 
● le transfert aux établissements publics de tous les actes de gestion de paye et de carrière des fonctionnaires ; 
● le projet de liquidation du statut de Service à Compétence Nationale (SCN) dont sont notamment dotés les 17 musées nationaux, les Manufactures et les Archives Nationales.
 Face à cela, il faut toujours et encore augmenter notre niveau de mobilisation, d’actions et de grève pour le retrait du projet de réforme des retraites, défendre nos emplois, nos carrières et nos salaires. C’est pourquoi, l’intersyndicale CGT-FSU-SUD-UNSA du ministère de la Culture, dans le cadre de l’appel intersyndical interprofessionnel et pour poursuivre son engagement dans la nécessaire élévation du rapport de force au niveau ministériel comme interprofessionnel et son inscription dans la durée, appelle :

● le 21 janvier à 12h15 : AG en administration centrale sur le plan de transformation minstérielle ;
● le 22 janvier : à midi, dépose par les agent-e-s de leurs outils de travail devant des lieux symboliques et dans tous les territoires ;
● le 23 janvier : retraite aux flambeaux le soir ; à Paris, départ de Nation à 18h ;
● le 24 janvier, tout le monde en grève et tout le monde à la manifestation contre le projet de réforme des retraites Macron partout en France.

Et pour conclure, nous remercions tous les militants et toutes les militantes qui ont bien voulu participer à l’organisation des ces vœux 2020 pour la Culture intitulés "Scène ouverte pour les vœux de la Culture - La boom à Franckie".
 
A tous et toutes, nous souhaitons nos meilleurs voeux de luttes, de fraternité et de solidarité pour cette année 2020.
 
Vive la solidarité intergénérationnelle !
 
Vive la Culture, et que vive le ministère de la Culture !

Paris-BnF, le 20 janvier 2020, 19h

Projet de réforme des retraites Macron-Delevoye


Amplifions le mouvement de grève

Participons massivement à la grève et à la mobilisation

Exigeons le retrait du projet