Recrutement et handicap : et si c’était vous ?

Le 30 septembre, le musée du Louvre organise pour son personnel une journée consacrée au thème du handicap. C’est bien, mais il s’agit du public handicapé, et non des agents handicapés, et s’il est bon qu’un musée se préoccupe du public en recherchant le label « Tourisme et Handicap », cela ne peut le dédouaner d’une attention particulière portée à son personnel placé dans cette situation.

Cette journée est donc l’occasion de rappeler qu’un agent contractuel d’été, dont le contrat a pris fin le 6 septembre 2013, est reparti chez lui avec son handicap (taux de 80%), sans emploi pour la seconde année consécutive. Il avait pourtant des évaluations positives sur son travail et le musée avait la possibilité de le recruter. Malgré cela, il n’a pas obtenu un entretien auprès de la DRH, cette dernière ayant même refusé tout dialogue avec les représentants de la section SNAC-FSU Louvre.

Alors que ceux-ci avaient posé la question de son recrutement au titre de l’article 27 de la Loi 84-16 du 11 janvier 1984, la réponse laconique d’un gestionnaire de la Direction des Ressources Humaines fut : « On ne fait pas ça en ce moment… »

Emus et choqués par la situation de leur collègue, les agents du service concerné ont soutenu spontanément l’agent contractuel dans sa démarche : une pétition a été remise par l’un d’entre eux à l’administrateur général le jeudi 07/09/2013. Bien que la réponse affable de ce dernier ait été qu’un dossier clos peut être ré-ouvert, le collègue n’a toujours rien vu venir.

En 2010, l’effectif déclaré de travailleurs handicapés au musée du Louvre était de 4,26% (cf. bilan social), très en deçà des 6% minimum prévus par la loi.

Au delà de la réglementation visant à insérer les personnes handicapées dans le monde du travail, il y a partout la réalité du terrain.

« Au-delà des chiffres », nous dit-on, il s’agit pour le Ministère de la Culture et de la Communication, d’une « mission constante qui est menée sur le terrain. L’accompagnement des nouveaux arrivants, les aménagements de poste et le recours au financement du Fond d’insertion pour les personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP) constituent les principaux moyens mobilisés en faveur de cette politique ».

La politique de 6% est donc l’objectif officiellement affiché. On accueille, on aménage et on utilise des fonds spécialement dédiés, mais sur le terrain on constate trop souvent que les chefs de service se « refilent » l’agent indésirable car handicapé dont la présence est vue comme une contrainte, une « moins-value », une pénalité qui va enrayer la performance.

Le Ministère de la Culture et de la Communication, comme la Fonction Publique, ne donne pas le meilleur exemple pour l’intégration des personnes handicapées (3,57% en 2010 au MCC) et préfère verser sa contribution au FIPHFP en se donnant bonne conscience (1 480 636,00 € en 2010). Ainsi, le ministère et ses établissements publics « participe à l’intégration » des personnes handicapées mais laisse aux autres organismes le soin de gérer « ça ».

Nous soutenons notre collègue du Louvre pour son intégration et le respect de ses droits. Cela nous concerne tous !

Il faut nous informer, nous mobiliser pour que le droit des personnes handicapées soit pleinement reconnu dans le monde du travail, particulièrement dans la fonction publique. Les fameux 6% requis par la loi doivent être au moins respectés par toutes les structures de l’Etat.

pour en savoir plus :

http://snac.fsu.fr/spip.php?article410