Prime dans les DRAC, la triple gaffe.

Le 8 novembre, le secrétaire général du ministère a informé les agents des sept DRAC fusionnées (et seulement eux) de la décision de la ministre de leur octroyer une prime exceptionnelle pour les remercier de leur implication dans le processus de fusion.

Le SG précise que « Cette prime de 200€ pour tous les agents titulaires en poste au 30 avril 2016 pourra être portée à 300 ou 400€ pour les collaborateurs les plus engagés dans la mise en œuvre de cette réforme, sur proposition du directeur ou de la directrice régionale des affaires culturelles. » (voir ci-dessous)

Bien sûr, nous nous félicitons de l’attribution d’une prime exceptionnelle à nos collègues des DRAC, quelques centaines d’euros sont naturellement les bienvenus et la générosité ministérielle doit être reconnue et encouragée.

Mais il est dommage que cette décision n’ait été annoncée, et encore moins discutée, ni au CTM, ni au CT des DRAC, ni dans aucun CT d’aucune DRAC.
C’eût été pour nous l’occasion de remercier la ministre, mais également de soulever plusieurs points qui fâchent :

1- Cette prime ne s’adresse qu’aux agents des DRAC fusionnées (UDAP comprises, il a fallu se renseigner pour en être sûrs). Or, si l’on peut concevoir une prime exceptionnelle spéciale DRAC, compte tenu de l’extrême tension qui pèse sur ces services, il aurait été plus judicieux de la distribuer à l’ensemble des DRAC et DAC, et pas seulement aux sept DRAC fusionnées. Sans doute la fusion est-elle cause d’un surcroît de travail et de difficultés mais elle n’est pas la seule. L’enquête RPS dans les DRAC démontre d’ailleurs que la souffrance au travail, induite par l’organisation du travail, est présente partout. Sans doute peut-on avancer que la réorganisation générale voulue par toutes les directions (que les services fusionnent ou non) et l’énorme bazar induit par la montée en puissance de la tutelle préfectorale constituent eux aussi des facteurs de stress et des sources de travail supplémentaire dans lesquelles l’implication des agents est également requise.

2- Cette prime n’est destinée qu’aux agents titulaires. Nous ne savons pas s’il y a beaucoup de contractuels parmi les personnels concernés, et en particulier beaucoup de contractuels éligibles au bénéfice de l’accord de dé-précarisation du 8 juillet 2015 mais, en tout état de cause, et quel que soit le « périmètre » de la mesure (toutes les DRAC, les sept DRAC…), on aimerait savoir comment la ministre peut ainsi décider que l’implication des titulaires vaut une prime alors que celle des contractuels ne la vaut pas. Et qu’on ne nous réponde pas qu’on ne peut pas servir des primes aux contractuels : lorsqu’il s’agit de primes exceptionnelles (du style « reliquat de fin d’année »), cela s’est déjà pratiqué sans obstacle administratif apparent.

3- La prime de 200 € peut être portée à 300, voire 400, sur proposition du chef de service. Autrement dit : à la tête du client. Là, c’est pompon : non seulement on traite de manière inégale les agents de certaines DRAC par rapport à d’autres, non seulement on divise les agents, au sein des mêmes services, entre titulaires et contractuels mais, en plus, on encourage la caporalisation des rapports hiérarchiques.

Donc, reconnaissant que cette décision part d’une bonne intention, nous ne pouvons que regretter cette triple gaffe qui gâche absolument tout.

Le SNAC-FSU demande que cette prime, qui se justifie largement compte tenu de l’état des DRAC,

1- soit servie aux agents de toutes les DRAC, DAC et UDAP
2- ne fasse pas de différence entre titulaires et contractuels
3- ne soit pas modulée au bon vouloir de la hiérarchie

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Extraits du message de Christopher Miles, secrétaire général du ministère, aux agents des DRAC fusionnées, 8 novembre 2016

Mesdames, Messieurs,

Au 1er janvier 2016, dans le cadre de la réforme territoriale et de la fusion des régions, 7 nouvelles directions régionales des affaires culturelles ont été créées.

Les missions des DRAC ont été confortées et la charte de déconcentration a consacré l’échelon régional comme le niveau de mise en œuvre des politiques culturelles. Leur implantation sur plusieurs sites permet de maintenir notre présence sur les territoires.

(...)

Lors de mes déplacements en région, j’ai pu mesurer votre implication. Le rapport de l’Inspection générale des affaires culturelles rendu en juillet le souligne également.

(...)

Saluant cette mobilisation, notre ministre de la culture et de la communication, Audrey Azoulay, a souhaité qu’une prime exceptionnelle soit attribuée en novembre 2016 aux agents des DRAC fusionnées. Cette prime de 200€ pour tous les agents titulaires en poste au 30 avril 2016 pourra être portée à 300 ou 400€ pour les collaborateurs les plus engagés dans la mise en œuvre de cette réforme, sur proposition du directeur ou de la directrice régionale des affaires culturelles.

Dans sa lettre aux DRAC du 14 septembre 2016, la ministre vous a annoncé le maintien du plafond d’emploi pour les services déconcentrés en 2017, ainsi que l’augmentation des crédits déconcentrés, pour mettre en œuvre les priorités ministérielles : la jeunesse et les territoires.

Les DRAC sont plus que jamais au cœur de l’action de la politique culturelle que nous portons ensemble.