Pourquoi nous étions dans la rue hier et pourquoi nous y serons demain

(actualisé le )

Loin des intérêts partisans, notre action a toujours été guidée par la seule ambition de défendre le caractère public de l’archéologie préventive et d’informer au mieux nos collègues de la constante dégradation qu’elle subit.

N’en déplaise à certains, nous avons toujours été convaincus de la complexité et de la gravité de la situation non seulement à l’Inrap mais surtout pour l’ensemble du dispositif de l’archéologie préventive.

Nous n’avons eu de cesse que de provoquer des réunions ou des assemblées générales pour que les agents puissent s’exprimer, prendre position et interpeller l’intersyndicale, dans son ensemble (6 syndicats participent de fait à cette intersyndicale ... quand ils le veulent, ou le peuvent ...) pour la mise en place d’un vrai mouvement de résistance.

Nous avons passé beaucoup d’énergie à sauver la cohésion d’une intersyndicale chancelante, et pour quel résultat ?

Qu’importe, nous poursuivrons avec la même conviction. Nous restons convaincus qu’il n’y a pas de lutte efficace qui tienne sans réelle information fournie aux agents et sans unité syndicale.

Nous étions pleinement engagés dans le mouvement d’hier, et nous n’en concevons aucune honte, même si nous aurions préféré des moyens de revendication plus à la hauteur des enjeux.

Il était important d’y être, car c’était le premier pas d’une mobilisation réunissant enfin tous les acteurs de la Culture devant les projets de désengagements du gouvernement en matière de politique culturelle et de service public. A ce titre, ce mouvement peut être considéré comme une réussite. L’ensemble des musées parisiens était représenté avec une large mobilisation. Nous étions ainsi environ 700 personnels de la Culture à être prêts à défendre notre point de vue, presque au pied levé. Oui, c’était un bon premier pas.

Et ce premier pas en appelle d’autres, c’est une évidence et une urgence.

Le projet de création d’une structure annexe à l’Inrap pour la réalisation des fouilles du grand canal devrait être arbitré dans 10 jours. Si ce projet passe, c’est la porte ouverte en grand à la dislocation du dispositif de l’archéologie préventive et la remise en question de l’avenir de la recherche publique en matière d’archéologie.

Qui peut rester insensible à de tels enjeux ?

C’est pourquoi, nous appelons l’ensemble des archéologues du secteur public à réfléchir au sens de leur implication et à agir rapidement contre les projets du gouvernement. Leur silence est à la hauteur de la détermination qu’ils ont pour faire passer leurs idées. A nous de montrer que nous sommes déterminés à défendre nos idées !

AGISSONS !

Victorine Mataouchek, Corinne Charamond, Sophie Clément