Louvre : des cailloux dans la chaussure !

A l’issue de plusieurs semaines d’enquête interne , sondage et collationnement des sentiments des agents de la Direction de l’accueil, des publics et de la surveillance, DAPS (moins de 170…) par les représentants du cabinet Dynaction, commande de la DRH, une restitution a eu lieu auprès des Organisations Syndicales du Musée du Louvre le jeudi 13 septembre 2018.

Présentation de constat et du plan d’action ou plutôt, de notre point de vue SNAC-FSU, un bouquet de lieux communs, formules toutes faites (« réduire les facteurs de tension », « restaurer la confiance ») ; flatteries (« passion du métier », « parole libérée ») ; mots clés sans doute indispensables (« améliorer la qualité de vie au travail ») ; sommet d’abrutissement (« identifier les petits cailloux dans la chaussure ») ; blabla pseudo managérial, adaptable à n’importe quelle situation, applicable à n’importe quelle entreprise, productive de préférence.

Ce vulgaire copier-coller présenté en power point comme il se doit n’a rien d’une étude ou d’un état des lieux sérieux, prenant en compte les difficultés réelles des agents en salles muséographiques, à l’accueil, en omettant ou faisant peu de cas de la vente ou de la nuit.

Le temps que nous avons accepté de passer auprès des intervenants de cette société n’a servi à rien !

Aucune prise en compte du quotidien des agents : salaire, formations, affectation, rôle(s) des encadrant(s), hiérarchie, congés, effectif, risques, visiteurs…

Pire, la restitution a montré certaines méconnaissances au regard d’un évènement récent, le fiasco de l’exposition Vermeer ou encore des incompréhensions structurelles et une incapacité à la synthèse organisationnelle : Dynaction ne nous aide pas à y voir plus clair sur les carences maintes fois dénoncées à propos de la DAPS.

Nous avons donc interpellé la Direction Générale Louvre, par le biais du DRH, tout d’abord sur l’affectation anticipée du Directeur de la surveillance dès le mois de juillet 2018, alors que le mois de septembre avait été préalablement choisi, sans avis de vacance ni fiche de poste, ni communication ! L’appel au cabinet de recrutement Mickael Page n’a servi à rien puisqu’il est finalement interne !

L’information c’est différent de la communication nous explique Dynaction ! Que la DG en prenne de la graine !

Notre critique a essentiellement porté sur trois points : des lieux communs ne font pas un état des lieux ; il est très désagréable d’encaisser le ton explicatif des intervenants privés de Dynaction au sujet du service public ; nous avons été les premiers à dénoncer les multiples carences de la DAPS au cours des dernières années (en instances depuis 2014, voir nos interventions dans les différents procès-verbaux et auprès du magistrat de la cour des comptes qui avait souhaité nous rencontrer au mois de mars 2017), il est donc particulièrement inacceptable que Dynaction se permette de reprendre nos propos, en les déformant pour les présenter ensuite en notre nom. Sur ce point le « cabinet conseil » s’est engagé à retirer cette vignette du power point.

C’est assez d’argent public dépensé pour un si mauvais travail !

Le mauvais bilan d’une société privée en immersion plusieurs mois dans notre établissement n’annule pas des années de combat contre un mode managérial inadapté à la DAPS ; il ne peut balayer nos alertes sur la souffrance au travail (relations hiérarchiques dégradées) et nos propositions (affectation en demi-journée dans les secteurs hautement fréquentés par exemple) ; il ne doit pas masquer notre propre volonté de changement qui a toujours tenu compte en premier lieu des agents de catégories C quotidiennement confrontés aux publics si nombreux.

Oui, c’est bien la catégorie C qui ouvre le musée du Louvre chaque jour. Les agents de catégories C n’ont pas attendu Dynaction pour parler des langues étrangères, maîtriser les règles de sécurité en ERP, développer des talents personnels pour un meilleur accueil ou encore pratiquer une médiation intelligente par la connaissance des collections et de la géographie tortueuse des trois musées ! (Ah oui… on ne travaille pas toujours de la même façon ici et là ! Belle découverte de Dynaction !)

Non, la mission administrative débordante et redondante à la DAPS n’est pas son cœur de métier.

Pour le SNAC-FSU, l’aventure doit s’arrêter là. Assez de dépenses inutiles !

Le DRH nous informe qu’un appel d’offre en cours va permettre de recruter un nouveau cabinet privé pour accompagner le plan d’action DAPS ! Nous n’avons pas besoin d’une telle intrusion du secteur privé dans les affaires de réforme interne à la DAPS.

Les agents en poste depuis plusieurs années, et ceux qui arrivent, encadrés par ces mêmes « anciens », soucieux du Service Public Culturel, et alors même qu’un « nouveau » directeur de la surveillance vient d’être nommé, n’ont pas besoin des conseils d’un cabinet composé, par ailleurs d’anciens DRH de tous horizons… C’est nier notre volonté de changement, notre défense du service Public, nos compétences en accueil, sécurité, sûreté…

Des « groupes de travail » devraient encore être mis en place pour que vos idées soient exploitées… Le « Toyotisme » est une pratique périmée qui produit des risques psychosociaux en entreprise productive : ce n’est pas adaptable aux Musées.

Nous refusons l’approche par des cabinets privés pour la mise en œuvre et l’accompagnement de nos missions fondamentales.

La section SNAC-FSU appelle l’ensemble des collègues DAPS, encadrement compris, à ne pas participer à ce simulacre d’aide et d’encadrement par une société privée, pseudo « cabinet conseil ». L’argent dilapidé dans ces consultations devrait être mieux utilisé, dans les formations par exemple !

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