Laisserons-nous le MINEFI réformer la culture ?

Moderniser l’État est sans doute nécessaire, utiliser
au mieux les deniers publics est un objectif louable,
sinon vertueux. Mais on constate surtout que ce discours
de propagande sert à masquer les véritables
objectifs de ces réformes : moins d’état, réduction
des domaines d’action du service public, transfert
des compétences à des collectivités territoriales,
recours à la sous-traitance, l’ultime étape étant la
marchandisation des services.

La réforme de l’état, à la culture comme ailleurs, ne
consiste pas à s’interroger d’abord sur les besoins
sociaux en matière de service public, mais à réduire
la toile. L’objectif n’est plus de servir, mais de coûter
moins cher. Cette politique gouvernementale, dont
participe le ministère de la culture, passe par le
MINEFI (ministère des finances) qui fixe les règles,
« les yeux rivés sur ce qui se passe à l’étranger ». Pour
preuve, voir sur le site web du MINEFI les « audits de
modernisation de l’état » (plusieurs concernent la culture),
le « forum de la performance ». Un rapport sur
« la gestion des ressources humaines dans la fonction
publique » ( http//www.minefi.gouv.fr/performance/pdf/
fiches_GRH.pdf ) illustre la liquidation des statuts de
fonction publique dans différents pays...

S’inscrivent dans cette réforme :
- les transferts de missions vers des établissements
publics opérateurs (cf. réforme du Centre des monuments
nationaux) ou vers les collectivités territoriales
 ;
- l’autonomie accrue des établissements, notamment
dans le domaine de la « gestion des ressources
humaines » (cf. réforme en cours à la Bibliothèque
nationale de France) ;
- l’érosion de l’emploi statutaire, et l’augmentation
de l’emploi contractuel ;
- l’évolution vers le salaire au mérite : individualisation
des primes, mise en œuvre du salaire trinôme
(indice, fonction, mérite), gestion de plus en plus
localisée des personnels ;
- la réforme annoncée des statuts de fonction
publique, aux antipodes des revendications FSU de
refonte de la grille.