La recherche scientifique au ministère de la culture

Texte paru dans le numéro de décembre de la revue Cultures

Le ministère de la culture est fier de la recherche qui se mène en son sein, et cela avec raison. Que ce soit dans le cadre des sciences de la conservation, en archéologie, en histoire de l’art et en histoire, en ethnologie, etc., les agents de la filière scientifique du MCC contribuent notablement à l’avancée des savoirs.
Or, le ministère donne l’impression de ne pas saisir les exigences de l’activité de recherche : il s’abstient de sanctuariser le temps qui lui est imparti et il surcharge les scientifiques de tâches administratives et techniques.

Ainsi, de trop nombreux collègues, qu’ils soient conservateurs, chargés d’études documentaires, secrétaires de documentation et, bien sûr, agents des corps de recherche : ingénieurs de recherche (IR), ingénieurs d’études (IE), assistants ingénieurs (AI) et techniciens de recherche (TR), sans parler des personnels scientifiques de certains établissements publics (l’INRAP notamment), témoignent régulièrement de l’impossibilité qui leur est faite de mener leurs recherches sur leur temps de travail.

Un chercheur qui ne peut pas chercher ne sert pas à grand-chose. L’activité de recherche ne doit pas être cantonnée aux marges du travail ni conduite au détriment de la vie privée. Bien sûr, les agents de la filière scientifique ont à remplir leurs missions de service, mais ils doivent aussi pouvoir participer à leurs séminaires et colloques, mener leurs expériences, aller sur leurs terrains ou en bibliothèque et écrire leurs articles sans que cela soit considéré comme un luxe : c’est la base de toute activité scientifique.

Quant aux recherches dites « individuelles », elles doivent absolument être préservées et valorisées. Il faut que le Ministère prenne conscience de ces nécessités et inverse la tendance actuelle, sous peine de perdre une grande partie de son dynamisme et de sa légitimité scientifique.

D’autre part, le sort fait aux corps de recherche est indigne d’un ministère qui se soucie de son rayonnement scientifique : avec 87 TR, 44 AI, 197 IE et 78 IR, la filière recherche est complètement déséquilibrée et la plupart des carrières sont irrémédiablement bloquées.

Le SNAC-FSU milite pour une requalification globale de cette filière, offrant enfin aux personnels de recherche des progressions de carrière et de rémunération décentes. Il milite également pour la fin du régime dérogatoire de l’INRAP et la possibilité, pour ceux de ses personnels scientifiques qui le souhaitent, d’être intégrés aux corps de recherche du MCC.