La nouvelle guerre des truelles est déclarée !

(actualisé le )

Et ce sont les sociétés privées d’archéologie qui ont déterré la truelle de guerre…

Communiqué de l’AG du 21 septembre après-midi à la base INRAP d’Orléans, appelée par l’intersyndicale archéo (CGT, CNT, FSU, SUD) :

Au cours d’une action bien concertée, quatre entreprises privées œuvrant dans le secteur de l’archéologie lancent une attaque en règle contre le service public en réclamant, à mots à peine voilés, son éviction du « marché » des fouilles archéologiques.

A travers deux mises en demeure, ces sociétés accusent l’Inrap de pratiques de « nature anticoncurrentielle ». Il s’agirait d’une concurrence faussée notamment du fait que l’Inrap :
- serait favorisé par le fait de réaliser les diagnostic visant à détecter la présence de vestiges ;
- perçoit des subventions pour financer ses obligations de service public.

Pour le moment, ces mises en demeure concernent l’établissement public national mais les collectivités territoriales, qui sont dans une situation très proche, devraient logiquement être les prochaines cibles des entreprises privées. Au terme du processus, s’il aboutit, seules les sociétés privées auraient le droit d’étudier le patrimoine archéologique national, à l’exclusion de toute structure publique !

Et pour le moment, la seule réponse de l’Etat est un silence assourdissant, à quelques jours du vote de la loi relative à la liberté de création, à l’architecture et au patrimoine.

Cette situation est exactement celle dénoncée par les archéologues lors des discussions autour de la loi de 2003. Il est regrettable que nous ayons eu raison…

Désormais, le service public de l’archéologie est attaqué de toute part. Les entreprises privées, en des termes moins qu’amicaux, veulent lui interdire toute activité de fouille préventive. Les parlementaires détricotent la « loi patrimoine », pourtant déjà peu généreuse en terme de garanties pour le secteur public et ses agents. Le gouvernement semble approuver, puisqu’il ne fait rien contre ces attaques et qu’il laisse les services régionaux de l’Archéologie à l’agonie. Quant aux responsables des structures publiques d’archéologie préventive (Inrap, maires, présidents d’agglomérations, présidents de conseils départementaux), leur absence de réaction fait craindre le pire…

Face à ces attaques, le collectif d’archéologues d’Orléans appelle à se mobiliser le lundi 28 septembre

jour de l’examen en deuxième lecture de la « loi patrimoine » à l’assemblée nationale

Ils exigent le retour à une archéologie de service public, forte et unique