La grève SNCF et nous

En ce premier jour de grève SNCF, il n’est pas inutile de rappeler notre total soutien au mouvement de cheminots (cf., ci-dessous, notre communication fédérale). Nous sommes tous les cheminots de quelqu’un d’autre : si ce gouvernement arrive à faire exploser le statut des cheminots, il est bien évident que nous serons les suivants à lui servir de gibier.

Mais "en même temps" (comme dirait l’autre), il n’est pas inutile non plus de rappeler à notre ministère que ceux et celles d’entre nous qui viennent travailler en train ou en RER sont soumis.es à une pression infernale dont il faut tenir compte :

- pression directe : à la fatigue du trajet du matin vient s’ajouter l’angoisse du retour et l’angoisse du lendemain,

- pression indirecte : le travail de ceux qui n’ont pas pu venir doit être souvent pris en charge par ceux qui ont réussi à arriver et, dans bien des cas, les difficultés professionnelles se doublent de difficultés personnelles (écoles et crèches fermées, etc.)

A cette situation, la réponse du ministère, pour le moment, c’est : "pas de réponse", pas la moindre instruction visant à faciliter le télétravail ou à permettre une souplesse horaire pour ceux et celles qui sont au bout de la ligne RER.

En attendant que le ministère se réveille, et en souhaitant qu’il se réveille vite, quelques rappels :

- Le fait d’être en retard ou absent.e pour fait de grève des transports ne constitue pas une faute (c’est déjà ça...) et donc, vous ne pouvez pas être sanctionné.e.s (théoriquement sur justificatif SNCF mais, dans la vraie vie, les lignes partiellement ou totalement bloquées sont connues).

- Il faut prévenir le service : vous ne pouvez pas simplement considérer que, parce que les trains ne roulent pas, il est évident que vous ne pouvez pas vous déplacer.

- Les heures non travaillées doivent, en principe, être rattrapées. Évidemment, pour nombre d’entre nous, ça ne veut pas dire grand chose puisque le travail en retard devra de toute façon être fait à un autre moment. Mais pour les agent.e.s posté.e.s ou dans les lieux où il y a un contrôle horaire, cela doit être rappelé.

- Bien sûr, vous pouvez toujours poser un jour de RTT mais, vu ce qui s’annonce, il est difficile de concevoir qu’on puisse poser 36 jours de RTT.

Donc, nous demandons aux services RH du ministère et de ses établissement de bien vouloir se pencher sur le problème et de rendre publique très vite une liste de préconisations digne de leur réputation de super managers (c’est-à-dire qui ne se contente pas de dire "qu’on donnera toute facilité, etc., etc.").

Et en attendant, n’hésitez pas à nous faire remonter les situations locales où des hiérarchies se comporteraient de manière incorrecte face à cette situation.


Communiqué fédéral :

La FSU exprime son soutien aux agent.e.s de la SNCF en grève

Pour la FSU, la contre réforme que compte mener le gouvernement pour l’avenir de la SNCF
ne répond à aucun impératif réglementaire ou financier ni à aucune nécessité de service public. Alors que notre pays a besoin de voir se développer et se moderniser son service public ferroviaire, le gouvernement organise son démantèlement.

Contrairement à ce que propage le gouvernement, les cheminots ne sont pas responsables de la dette de 55 milliards d’euros qui est essentiellement due aux orientations des 30 dernières années au profit du développement exclusif du TGV.

Ce projet de contre réforme ne répond pas non plus aux impératifs d’aménagement du territoire en remettant en cause l’avenir des « petites lignes ». Déjà, depuis plusieurs années, la SNCF a ralenti, parfois stoppé, les investissements nécessaires à l’entretien et aux travaux sur ces lignes.
Le gouvernement présente cette réforme sous couvert de nécessité de modernisation. Les mêmes promesses d’investissements et de développement avaient été faites pour le Fret SNCF ouvert à la concurrence il y a plus de 10 ans. Or, aujourd’hui le constat est que le transport Fret a été fortement réduit, reléguant aux oubliettes l’amélioration du trafic routier et la réduction de l’empreinte écologique.

Au même titre que les fonctionnaires possèdent un statut qui permet l’égalité de traitement et d’accès au service public par tou.te.s les citoyen.ne.s, le statut des cheminots et celui de la SNCF (entreprise publique) permettent de ne pas soumettre la sécurité des voyageurs aux seules injonctions du profit économique.

Pour toutes ces raisons la FSU tient à témoigner de sa solidarité pour les agent.e.s de la SNCF en lutte. Elle considère que l’avenir des transports ferroviaires devrait faire l’objet d’un grand débat public.