La DRAC de Corse, un grand naufrage du Ministère de la Culture.

(actualisé le )

Dans un soi-disant contexte de décentralisation accrue, la DRAC de Corse assure depuis 2002 ses missions de service public pour la préservation et l’étude des patrimoines architecturaux, monumentaux et archéologiques de l’île. L’ensemble est impressionnant : plusieurs dizaines de milliers de sites et monuments parmi lesquels des centaines de mégalithes, des colonies romaines de renommée internationale, des villes et villages médiévaux, plus de 1200 églises et chapelles romanes, plusieurs centaines d’édifices fortifiés, plusieurs milliers d’édifices baroques, des citadelles, des tours et même... un pavillon des Tuileries transplanté sur l’île après l’incendie du palais.
Face à l’énorme enjeu de la préservation de ce patrimoine, le Ministère de la culture aligne péniblement au sein de la DRAC une poignée d’agents, certes motivés, mais dont l’état de stress et de déstabilisation a été relevé avec force lors du dernier CHSCT ministériel puisque la DRAC de Corse est classée bonne première au hit-parade des DRAC flippées, à en croire l’enquête nationale sur les risques psycho-sociologiques et la souffrance au travail.

Tout cela n’a rien de très étonnant et les raisons ont été pointées de longue date par les OS :
- Sous effectif chronique au regard des missions qui incombent à la DRAC de Corse. Définition d’un stupide, voire débile, plafond d’emploi de la DRAC par les services centraux du MCC.
- Forte attente et forte sollicitation des autres services de l’État, des institutions partenaires, des collectivités, totalement démunies en Corse sur la question patrimoniale.
- Non reconnaissance des difficultés de la DRAC par l’administration centrale.
- Arraisonnement progressif de la DRAC par la préfecture de région.
- Outils informatiques totalement inadaptés aux missions de la DRAC : l’application Patriarche est complètement obsolète, l’application TIGRE a fait flop, rejointe par l’Atlas des patrimoines.
- Progression de carrière des agents.
Face à cette situation, qui illustre un désengagement complet de l’État en Corse ou, pire encore, une totale désinvolture, les personnels de la DRAC ne participeront pas au comité technique du 16 février mais ils demandent expressément à la Ministre de la culture des moyens supplémentaires face au défi d’un service public des patrimoines de qualité sur l’île. Seule une décision politique peut lever les freins actuellement constatés ; à cet effet, le SNAC-FSU demande d’urgence à être reçu par le cabinet de la Ministre.

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