INRAP : FORTE MOBILISATION DES AGENTS DE CIF ET DU SIEGE, RUE D’ALESIA, LE 22 NOVEMBRE 2018

SGPA CGT-Culture, SNAC-FSU, CNT-CCS

100 !!!

C’est le nombre approximatif des agents présents ce jeudi 22 novembre au siège. 70 à 80 agents de Centre -Ile-de-France et une trentaine d’agents du siège ont occupé la rue d’Alésia.
La mobilisation fait suite au préavis de grève déposé la semaine précédente pour les agents de CIF et du siège et à la négociation du préavis intersyndical (CGT, FSU, CNT), intervenue le lundi 19 novembre.

En effet, aucun engagement de nature à satisfaire les revendications des personnels n’a été obtenu en présence de Mme Casala et de M. Peyratout. C’est donc directement à la direction générale et à la présidence de l’établissement que les agents ont souhaité s’adresser.

À leur demande insistante, le directeur général délégué, Daniel Guérin, a accepté de descendre du 8 e étage pour entendre les personnels et répondre à leur interpellation. La discussion avec les personnels a duré une petite heure avant que le Directeur ne s’échappe vers d’autres obligations. Le président exécutif, Dominique Garcia, invité lui aussi à participer à l’échange, a préféré s’absenter. La DRH représentée par le DRH et le DRH adjoint s’est tenue silencieusement à l’écart.

Aux interpellations des agents portant sur l’infaisabilité des missions scientifiques qui leur sont confiées en raison du manque flagrant de moyens humains et matériels, le directeur général a répondu contrainte budgétaire. Il a indiqué que le redressement financier de l’établissement, en cours, commence à porter ses fruits. Les personnels présents ont rappelé que sur le terrain leurs conditions de travail difficiles sont devenues littéralement indignes, que les équipes ne sont jamais au complet, que les minima en matière de cantonnement sont absents, que les agents sont parfois réduits à suivre seuls une pelle mécanique sur les opérations de diagnostic, que la logique budgétaire à l’œuvre les mettait tout simplement dans l’impossibilité de réaliser les missions opérationnelles. Pour les administratifs de la Dir et du Siège, les
constats sont du même ordre : réduction des effectifs, mépris des agents et des fonctions, non-respect des missions. Dans tous les cas, les effets sont les mêmes, nous ne comprenons plus le pilotage de cet établissement où la suspicion et le contrôle remplacent la gestion réelle des effectifs et l’élaboration de véritables politiques où l’archéologie et ses métiers seraient au centre des préoccupations.

Sur la violence managériale, les agents n’ont pas pu vraiment exprimer ce qu’ils vivent et les agents du siège présents n’ont évidemment pas pris la parole, muselés par la proximité de la menace. Pourtant, la pression, la violence verbale, les pratiques comminatoires sont fréquentes (fiches de poste entrevues mais pas données, blâmes, contre-expertise médicale par médiverif, contestation auprès de la CPAM des déclarations d’accident du travail, convocation pour le contrôle des relevés de temps…) La manœuvre consiste à faire peser sur des individus l’entière responsabilité des dysfonctionnements. Les collectifs de travail et les dynamiques d’équipes sont découragés par une organisation du travail qui favorise la méfiance et l’isolement.

Concernant l’emploi, le directeur a été interpellé sur le non-remplacement des départs d’agents au siège comme en CIF. Le directeur déclare que l’établissement souffre d’un nombre de départs relativement faible et que cette faiblesse interdit en l’état la mise en place d’une politique de recrutement digne de ce nom. Les agents rappellent que le non-remplacement des agents et le vieillissement d’une population à
l’état de santé dégradé est un risque fort pesant sur l’avenir de l’Institut. Aujourd’hui, il n’y a plus de techniciens sur les opérations, sinon des CDD précarisés par une politique brutale de gestion des ressources humaines. Un plan de promotion de 71 postes est prévu pour l’année 2018. Ce plan de promotion largement insuffisant ne pourra pas compenser le fait que depuis le plan de repyramidage aucune stratégie n’a été mise en place concernant les évolutions de carrière, la reconnaissance des
compétences et la promotion des agents. Aucune proposition décente n’a été émise concernant ces sujets…

Au final, le directeur général a proposé aux agents présents d’organiser une réunion « avant la mi-décembre » afin d’évoquer l’ensemble de leurs griefs.

Après son départ l’ensemble des personnels réunis a décidé d’accepter cette proposition et décidé, à l’unanimité, de prolonger le préavis de grève jusqu’au 21 décembre inclus. D’ici là, les personnels vont travailler pour réunir la documentation et préparer l’entretien avec la direction, en espérant que contrairement à aujourd’hui, le président de l’institut daigne nous honorer de sa présence et fournir aux agents les réponses qu’ils attendent sur le pilotage scientifique de l’établissement.

Tous les agents de CIF et du siège sont invités à participer à cette réunion ou à transmettre toutes informations utiles aux organisations syndicales permettant de documenter leurs difficultés et problèmes quotidiens. Par ailleurs, nous appelons les personnels à s’exprimer au siège, en Dir, en CIF sur tous les sujets qui doivent être abordés lors de la réunion et à définir ensemble les revendications à porter auprès
de la direction.

Nous avons su être nombreux aujourd’hui pour défendre nos missions !
Soyons aussi nombreux le jour où nous serons invités à échanger en
profondeur sur les revendications !!!

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