INHA, jouer avec le feu : programme réussi pour la nuit blanche

La direction générale de l’INHA a décidé seule, fin août dernier, sans aucune concertation préalable, que l’institution participerait à la Nuit Blanche 2017 en montrant en boucle sur écran géant dans la salle Labrouste un film consacré au groupe PNL. L’installation de ce dispositif a imposé la fermeture de la salle de lecture pendant toute la journée du 7 octobre.

La salle Labrouste abrite la bibliothèque de l’INHA, ainsi que le département des Estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France. Le site Richelieu est géré par la BnF et la place de l’INHA y est régie par une convention entre les deux institutions.

Pendant la Nuit Blanche, nuit du 7 au 8 octobre 2017, un visiteur, refoulé à l’entrée du site, a réussi à s’introduire dans les espaces de travail des personnels et a mis le feu dans un bureau occupé par trois agents de la bibliothèque de l’INHA. Il a également tenté d’incendier un espace courrier-photocopie ; un ordinateur a été vandalisé dans un autre bureau.

Le bureau incendié est totalement inutilisable, les trois agents ont perdu leurs dossiers de travail et des affaires personnelles. A cet étage, toute la collection, soit plus de 4500 ouvrages neufs, devra être décontaminée. Des émanations de suie (odeurs et particules) provoquent des maux de tête et gênent tous les agents des bureaux de l’étage concerné. Deux services de la bibliothèque sont donc empêchés de travailler et des solutions d’urgence ont dû être trouvées pour reloger 20 agents avec les moyens du bord. La perte d’énergie et de temps est considérable, sans compter la durée et le coût des travaux de remise en état qui n’auront lieu, au plus tôt, que fin novembre.

Contrairement aux propos lénifiants tenus le lendemain par la direction générale de l’INHA dans un message d’information adressé aux personnels, il ne s’agit pas « d’un impact périphérique sur le fonctionnement normal du service », mais bien d’un incident très grave qui aurait pu avoir des conséquences extrêmement lourdes pour les personnes présentes dans le bâtiment, pour les collections de la bibliothèque de l’INHA et celles de la BnF.

Quelles que soient les responsabilités des uns et des autres :
- de la direction générale de l’INHA qui a voulu cette manifestation pour des raisons d’image, sans tenir compte des contraintes du bâtiment, privant les chercheurs des deux institutions de leur outil de travail pendant toute une journée ;

- de la BnF qui a accepté la demande de la direction générale de l’INHA d’ouvrir le site à un événement durant toute une nuit,

- de la direction générale de l’INHA et de la BnF qui n’ont pas tenu compte des problèmes généraux de sécurité, alors que depuis des mois, les espaces d’accès normalement contrôlés par des badges sont en réalité ouverts aux quatre vents, car le système ne fonctionne pas et qu’il manque encore des clés pour fermer certains bureaux,

Est-il raisonnable que le directeur général de l’INHA organise un événement public dans un bâtiment insuffisamment sécurisé ? Est-il raisonnable que la direction générale de la BnF accepte une telle demande ? 

Face aux dégâts matériels, aux risques pris et au traumatisme subi, la priorité accordée au buzz, aux paillettes, aux actions de communication peut-elle tout justifier ?


16 octobre 2017
section FSU-INHA

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