Grève à l’Opéra

Une réforme pour plus d’égalité ! Grève à l’Opéra

Quelles étaient les revendications principales qui ont motivé ce conflit majeur à l’Opéra de Paris ?

Nous étions en grève afin de défendre notre régime de retraite. Celui-ci existe depuis le début de notre contrat, de droit privé, rappelons- le, avec l’Opéra. C’était le but. Car ce régime correspond à une compensation pour le travail en horaires décalés, et variables.

Mais nous pouvons comprendre le fait que « l’espérance de vie » s’allonge, pour les jeunes générations, voire les futures.

Seulement, on ne change pas en cours de voyage, ni le but de la destination, ni les conditions, et de manière si brutale. De plus, en ce qui concerne les personnels techniciens nous avons une rémunération qui est composée d’environ 14% de primes. Au moment de la retraite, elles ne comptent pas. Tout cela est perdu !!!

Prenons un exemple : un salarié de l’Opéra dont la rémunération (annuelle) est de 30 000 euros sur l’année N-1. Pour toutes les catégories de personnel de l’établissement, cette somme représente la base de calcul de la retraite. Pour un technicien, de cette somme (30 000 euros) nous devons retirer les primes pourtant mensuelles et permanentes. C’est une base de 25 800 euros qui est prise en compte. Perte nette de 4 200 euros avant tout calcul. D’où de le mécontentement des salariés concernés, les techniciens, donc.

Peux- tu nous retracer l’historique de ce mouvement ? Les modalités de la lutte, les principales stratégies ?

Nous avions depuis de longs mois, voire des années, demandé que ces primes soient prises en compte pour le calcul de nos retraites. Et cela, de manière unitaire avec l’ensemble des organisations syndicales de l’Opéra. Un accord des tutelles obtenu en 2006 n’a pas été suivi d’effet depuis. Notre Direction nous propose alors de négocier cette « intégration dans la base de calcul lors de la négociation de la réforme du régime ». Mais maintenant, et brusquement, c’est « NON NON ». Ce n’est pas permis par le nouveau Sinistre du Travail .

Mais rien n’est terminé, et pour longtemps les techniciens sont résolus à rester vigilants. Moi je dis : « Réveillés »....

Que penses-tu de la couverture médiatique des événements, curieusement unanime, et même agressive, de manière suspecte ?

Les médias sont bien plus occupés à faire des éloges sur les sondages positifs de notre très « cher Président ».... Cher, oui - 170 000 euros tous les mois. Ils n’ont jamais relayé les vrais motifs de nos revendications. Nous souhaitons si réforme il y a qu’elle soit pour tout le monde identique. Plus de discrimination pour les techniciens de l’Opéra. En un mot, Egalité. EGALITE. Mais cela risque de devenir un GROS MOT, c’est à croire.

Question subsidiaire : quelle est, à ton sens, la responsabilité de la direction de l’établissement dans cette affaire ?

La Direction de l’Opéra n’ a pas pesé de toute sa force pour défendre les intérêts des salariés et elle s’est trompée dans ses choix et dans ses promesses.

Ou alors, nous a-t-elle trompés ? A moins qu’elle ait compté avec certaines grandes confédérations qui gèrent les finances, « sociales », comme on dit, avec elle ?

A ton avis, le conflit est-il réellement terminé ?

Un grand NON. Le conflit n’est certainement pas terminé. Sûrement pas. De fait, quels que soient les résultats, rien n’a changé, et la « discrimination » des techniciens est toujours présente.

Quels enseignements personnels en as-tu tiré, pour conclure ?

Qu’il est difficile de croire nos dirigeants, qu’on prenne n’importe lequel. C’est uniquement dans la revendication et dans l’action que nous pouvons obtenir ce qui nous est nécessaire dans ce pays. Dans l’absolu c’est absolument dommage, mais c’est comme ça.

José Amaro, secrétaire de la section Snac-fsu de l’Opéra de Paris