Entrave syndicale et censure au musée du Louvre : fin du blocage des boîtes syndicales

Depuis le 23 janvier 2020, le président du Louvre a supprimé la possibilité d’envoi groupé à tous les personnels du musée par voie électronique, pour l’ensemble des organisations syndicales.

Une demande de motivation de la part de l’intersyndicale du Musée du Louvre le 27/01/2020 est restée sans réponse. Une demande de rendez-vous a été actée pour le mardi 03/02/2020, entre les représentants de l’intersyndicale Louvre (présents FSU /CGT/SUD/CFDT – CGC excusée) pour entendre les motivations de monsieur Jean-Luc MARTINEZ sur ce blocage.

L’intersyndicale Louvre a rappelé à monsieur MARTINEZ l’aspect manifestement illégal de cette décision, pour au moins 2 motifs :

- d’une part la charte d’utilisation des ressources informatiques du Musée du Louvre, édition du 30 mars 2006 en cours, et notamment l’article 1-2 qui précise « l’administration, les organisations syndicales représentatives, ou les personnes mandatées par l’administration ont seules la facilité d’adresser des messages à l’ensemble du personnel. »

- d’autre part, à la suite du message de monsieur Maxence LANGLOIS-BERTHELOT, administrateur général du Musée du Louvre le 28/01/2020 qui précise, entre autres : …/… l’envoi sera effectuée par une boîte d’envoi spécifique et indiquera l’organisation à l’origine du message, dont le contenu sera attaché en pièce jointe.

Pour cela, je vous remercie désormais de me transmettre en format PDF, au plus tard la veille, les messages dont vous souhaitez la diffusion à tous, en joignant le directeur des ressources humaines en copie de votre envoi.

Cette dernière demande est en totale illégalité au regard de l’article 5 de l’arrêté du 4 novembre 2014 relatif aux conditions générales d’utilisation par les organisations syndicales des technologies de l’information et de la communication dans la Fonction Publique de l’Etat : « …/… Dans le respect des règles générales de sécurité du système d’information, les messages électroniques en provenance des organisations syndicales parviennent à leurs destinataires sans blocage ni lecture par un tiers. »

Monsieur le Président du Louvre nie que le fait de devoir fournir a priori le message pour lecture et diffusion par l’administration soit une censure… Sans commentaire…

Il n’y a eu de la part d’aucune organisation syndicale l’envoi d’un message contrevenant soit à la loi, soit à la charte en cours depuis 2006.

Après maintes tergiversations, monsieur MARTINEZ Jean-Luc a enfin admis que le blocage qu’il avait ordonné était consécutif au message envoyé par la section SNAC-FSU le 22/01/2020 (que nous vous invitons à relire), invitant l’administration du Musée du Louvre à communiquer sur le nouveau virus « coronavirus », afin de pallier toute mauvaise information ou interprétation.

Stupeur générale des représentants de l’intersyndicale à ce motif… !! Rien dans ce message ne permet de croire à une quelconque infraction des règles déontologiques.

Monsieur MARTINEZ s’est offusqué du fait que la section SNAC-FSU Louvre ait diffusé ce message sans informer au préalable l’administration !! Bel exemple d’absence de contrôle et de censure tant réfuté par lui-même... Au passage, la diffusion de ce message non polémique faisait suite à d’autres, en interne, avec la direction des ressources humaines de notre établissement.

Face au tollé général des collègues de l’intersyndicale, et de notre colère légitime, rappelant sa volonté de multiplier la diffusion électronique au sein du Musée, et soutenue par notre organisation, monsieur le Président a simplement déclaré que, s’il revenait sur sa décision, il en informerait l’intersyndicale le mardi 04 février 2020.

Il a fait part également de ses griefs portant sur les lieux des assemblées générales, lesquelles n’étaient pas toujours respectés selon la demande de l’administration. L’intersyndicale lui répondu que le restaurant du personnel n’était pas adapté pour ces assemblées générales dans le cadre de la réforme des retraites.

Monsieur l’administrateur général annonce le soir du 04 février 2020 le retour de la fonctionnalité permettant l’envoi de messages à tous les utilisateurs.

En revanche, nous réfutons toute accusation de sa part de diffusion de messages touchant à la sécurité des personnes, comme la demande d’information de notre message sur un risque de contamination. Il s’agit d’une demande légitime dans un contexte défini.

Notre combat face à cette infamie a payé. Le soutien de tous les collègues informés de cette censure nous a été d’un grand secours et nous vous en remercions.

La discussion d’une nouvelle charte d’usage des moyens informatiques, qui ne reconnaît plus le droit de diffusion à tous les utilisateurs par les organisations syndicales sera à l’ordre du jour des prochaines instances, CHSCT et C.T.

Rien n’est gagné. La vigilance doit se renforcer face à ces coups de force de la part de l’administration.

Merci à toutes et tous.