Double label et blablabla

Le 7 novembre dernier, Françoise Nyssen, se félicitait de l’obtention des deux labels Égalité et Diversité délivrés par l’AFNOR au ministère de la Culture, qui devient ainsi la première administration d’État à les détenir ensemble.

La volonté de faire évoluer les mentalités avec la BD thématique « Les infréquentables » constitue aussi un axe qui, pour vertueux qu’il soit, n’en reste pas moins un exercice de communication qui ne remet pas véritablement en cause les pratiques, plus ou moins ancrées selon les secteurs et les niveaux hiérarchiques, au sein du ministère.

La prise de conscience des conditions de vie et de travail faites aux femmes, leur niveau de rémunération, le plus souvent inférieur à celui de leurs collègues masculins, même si elle semble en marche, tarde à s’opérer réellement et être suivi d’actions concrètes.

Si le Ministère est si précurseur que cela sur ces problématiques égalité homme/femme et diversité, pourquoi lorsqu’une situation qualifiée par la Ministre elle-même de choquante lui est relatée en CTM, l’inaction et le désintérêt dominent.
En effet, comment tolérer dans un établissement, le CNC en l’occurrence, la présence d’une affiche sexiste dans le bureau d’un directeur. Photo représentant une femme rabaissée à un simple objet sexuel, à la merci d’un prédateur, dans un bureau que l’on peut situer dans un lieu de pouvoir de la République, mais pour le coup qui parade toujours dans le bureau dudit directeur.

Obtenir un double label est une étape, mais la mise en pratique des intentions affichées ne semble pas aller de soi. Les paroles prononcées en CTM trouvant choquante cette photo à la vue de tout un collectif de travail majoritairement féminin, puis l’absence de directives faisant cesser cette situation ne peut que conforter les agents de notre ministère, et notamment féminins, dans le peu de confiance à placer dans nos dirigeants.

Notre Ministre semble préférer déposer une plainte pour découvrir l’auteur de supposées fuites d’un document de travail dont plusieurs journaux ont fait état que de mettre un terme, de manière très simple et rapide, à la promotion d’une ambiance sexiste.

C’est bien là le type d’action que les agents attendent plutôt que de tenter de poursuivre de sa vindicte la mise sur la place publique d’informations sur le devenir de notre ministère et de son domaine d’intervention , même s’il ne s’agit que de simples pistes de travail ou de réflexion, mais qui en disent long sur l’estime dans lequel ce gouvernement tient les agents du secteur public.

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Articles précédents sur la photo du CNC :

- Violence managériale sexiste : de « l’Exercice de l’Etat » au CNC (4 octobre 2017)

- Violence managériale sexiste au CNC, aucune évolution (24 octobre 2017)