Derrière l’état d’urgence

En réaction aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris, François Hollande s’engage dans une politique du tout sécuritaire prônée par les droites au mépris, encore une fois, des principes et valeurs de la gauche. Il engage aussi le pays dans un état de guerre aux conséquences incertaines.

Donnant, sur tout le territoire national, tout pouvoir à la police au détriment de la justice, il conforte ceux qui, depuis 3 ans, n’ont cessé de dénigrer, voire d’insulter, la ministre de la Justice.

Les débordements n’ont pas tardé : perquisitions musclées, violence contre les personnes, garde à vue et assignations à résidence du fait du prince... (voir la liste de ces actions depuis le 14 novembre sur le site https://wiki.laquadrature.net/État_urgence/Recensement)

Les préfets ne s’embarrassent d’ailleurs pas de détail :

Déclaration du préfet du Rhône interdisant la marche pour le climat du 28 novembre à Lyon : « toutes manifestations sur la voie publique à caractère revendicatif ou protestataire sont interdites. Les manifestations sportives, récréatives ou culturelles ne sont pas visées par l’interdiction ». Il semblerait pourtant que les attentats aient visé des manifestations sportives et culturelles et non une manifestation revendicative !

Déclaration de la directrice de cabinet de la préfecture des Hautes-Pyrénées : « Même si ces perquisitions n’ont pas un lien direct avec les événements terroristes, elles sont, a minima, liées par l’esprit. ». Comprenne qui pourra.

Le SNAC-FSU, réuni en bureau national le 26 novembre, se prononce contre toutes ces dérives et réclame l’arrêt immédiat de l’état d’urgence et le retour de l’état de droit.

Le SNAC FSU rappelle que les valeurs fondatrices de la République, liberté-égalité-fraternité, ne sauraient être sauvegardées sans que les services publics disposent des moyens humains et matériels suffisants pour assurer à chaque citoyen des conditions de sécurité suffisantes dans le respect de ses droits fondamentaux.

Rappel : Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789
Les Représentants du Peuple Français, constitués en Assemblée Nationale, considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements, ont résolu d’exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l’Homme, ...
Art. 16. -Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution.