De la Culture selon l’extrême droite : l’exemple de Fréjus

« In Memoriam », groupe rock identitaire, en concert aux arènes le 31 juillet 2015

Un concert du groupe punk LSD « La souris déglinguée » a été organisé le 31 juillet dans les arènes de Fréjus. La première partie, révélée au dernier moment, a été assurée par le groupe identitaire « In Memoriam » [1], un des groupes pionniers du rock identitaire français [2]. Créé par des étudiants du GUD dans les années 1990, plusieurs de ses membres sont proches du FN ou du MNR et il a joué pour Casapound, le parti néo-fasciste italien [3].
Sitôt connue, sa présence a entraîné des manifestations d’opposition et des heurts avec la police.

La mairie s’est déclarée "pas au courant" mais "pour la liberté d’expression et la liberté artistique". Ce qui ne manque pas d’air vu que le concert a été organisé par « La Patrouille de l’événement » une société installée à Fréjus juste après l’élection de Rachline et dont la ville est l’unique client. Tous ses actionnaires sont issus de l’extrême droite comme Minh Tran Long, ancien de la FANE, un groupuscule néo-nazi dissous ou Romain Petitjean, proche du GRECE et des identitaires, qui anime une émission sur Radio Courtoisie.

Pas de hasard donc, et une preuve éclatante de la collision entre le FN et l’extrême droite la plus offensive. Et la démonstration de ce que peut être l’instrumentalisation de la Culture par les collectivités FN.

Pour mémoire, David Rachline, 26 ans, a été élu maire de Fréjus aux dernières élections municipales avec 45,5% des suffrages exprimés.

Il milite au FN depuis longtemps. D’abord coordinateur nationale du FNJ, il devient "consultant en numérique" du parti et s’occupe du compte Twitter de Marine Le Pen durant la campagne présidentielle. C’est un proche de Frédéric Chatillon, ancien président du GUD, ou encore d’Axel Loustau. directeur d’une entreprise chargée du service d’ordre du FN et trésorier de Jeanne, le microparti de Marine Le Pen, récemment mis en examen.

Depuis son arrivée à Fréjus, David Rachline a pris un certain nombre de décisions autoritaires, antisociales et islamophobes, qui montrent clairement les buts et les méthodes d’une gestion municipale portée par le FN :

  • nouvelle charte pour les conseils de quartiers dont les présidents ne sont plus élus par les habitants, mais nommés par le Maire  [4]
  • recrutement comme directeur général des services de Philippe Lottiaux, ex DGS de Patrick Balkany à Levallois (vous avez dit anti-système ?)
  • Diminution considérable des subventions (de 53 à 62 %,) des trois centres sociaux de la ville.
  • Diminution de 20% de subventions pour le bus scolaire et la cantine [5]
  • Baisse de la subvention de l’Association municipale des sports
  • arrêté contre la construction d’une mosquée dont le projet avait été déposé depuis longtemps (arrêté annulé par le TA qui autorise ainsi la poursuite des travaux)
  • exclusion des exposants « pas assez Provençaux » du marché ...

Du côté de la Culture, les choses aussi sont claires :

  • Inauguration le 16 mai 2015 d’une plaque commémorative « en hommage à tous ceux qui sont tombés pour que vive la France en Algérie » [6]
  • suppression de plusieurs quotidiens de la bibliothèque municipale, comme Libération et le Figaro (journal d’extrême gauche bien connu...).
  • Tout récemment, Rachline demande aux artistes installés dans des locaux loués par la ville d’accueillir bénévolement les enfants dans le cadre de l’aménagement des rythmes scolaires. « Le débat va s’arrêter ici : soit cela se passe bien et tout le monde est d’accord pour participer, soit je mets un terme à cette histoire où l’on paye des loyers à tout le monde. ». Le maire oublie juste que ces artistes et artisans d’art ont permis à Fréjus d’obtenir le label de ville d’art et d’histoire que la municipalité n’a pas intérêt à perdre... [7]
  • Enfin le marché passé avec « La Patrouille de l’événement » dont on voit ici le propos.

Cela hélas n’est pas isolé, et les cas se multiplient dans les villes gérées par l’extrême droite comme le montre la chronique éditée pas VISA chaque trimestre  [8].