DRAC PdL. Une politique culturelle régionale en trompe l’oeil

ou la visite des cavaliers de l’apocalypse ?

Les Pays de la Loire, une région attractive ?

La direction régionale des affaires culturelles des Pays de la Loire a eu l’honneur de recevoir en trois semaines :
- le 30 novembre : H. Barbaret (secrétaire général du MC) et I. Chardonnier (cheffe du DAT),
- les 5 et 6 décembre : les inspecteurs de la mission d’inspection et d’organisation des Drac : Jérome Bouët (IGAC), A. Damais (IGF) et F. Scarbonchi (IGA),
- et le 11 décembre : A. Saal (mission diversité et égalité).

Florilège et morceaux choisis de questions et de (non) réponses

- Le rapprochement avec les préfectures de région préfigure-t-il un transfert des missions aux collectivités territoriales ? Et comment peuvent-elles nous accueillir avec une diminution de leur effectif de 70 000 équivalent temps plein (ETP) à l’horizon 2022 ? En parallèle, pour les services de l’État, il est prévu une diminution de 50 000 ETP. Dans ce contexte, quelles diminutions sont programmées au ministère (administration centrale et services déconcentrés) pour les années à venir sachant que 160 ETP seront supprimés en 2018 (25 en DRAC et 60 en administration centrale).

« Nous pensons avoir trouvé un équilibre avec les préfectures »… « il n’y a pas lieu d’imaginer d’autres évolutions vers les collectivités territoriales » « Nous allons renforcer les Drac et les moyens financiers des Drac » « Nous avons besoin des Drac pour exprimer la réalité du terrain, ne pas avoir une vision parisienne »...

- L’inspection a été interpellée sur le lien entre les objectifs de sa mission et « l’Action publique 2022 »

« Notre mission a pour but de faire des propositions d’évolutions des missions »

(et hop une énième revue des missions)
« Nous n’avons pas de consigne » « ce n’est pas en lien avec Action publique 2022 », « il y a malgré tout un contexte, notre rapport ne dira pas qu’il faut ajouter des postes en Drac »

A quoi bon faire une revue des missions sans une revue des besoins réels ? A quoi bon faire une inspection ciblée sur cinq régions si les conclusions sont déjà prêtes : suppression de postes en DRAC, voire des transferts de compétences aux établissements publics (exemple du musée Clémenceau cité dans le rapport - qui n’existe pas - dont la gestion et le personnel (titre 2) seront transférés au CMN !), aux préfectures ou au privé.

Une politique en trompe-l’oeil

basée sur un coup de projecteur donné sur l’éducation artistique et culturelle (EAC).
Comment prétendre que les DRAC sont renforcées, avec des suppressions de poste dès 2018, alors que 50 % des crédits de paiement se sont envolés pour le SRA local, que les budgets liés aux livres et la lecture sont en chute libre, que le cinéma a eu son budget transféré au CNC, que les contrats aidés, essentiels dans le secteur culturel disparaissent eux aussi ???

En vérité, il reste bien peu de positif dans les changements mis en œuvre.

Des changements imposés et mal gérés

Les DRAC doivent s’adapter aux besoins de la société, fort bien, mais encore faut-il s’en donner les moyens !
Les diagnostics réalisés dernièrement sur les risques psycho-sociaux objectivent à l’envie la souffrance généralisée des agents, empêchés dans leur missions avec des moyens qui sont insuffisants au regard des besoins, une éthique souvent soumise à rude épreuve, un management peu scrupuleux des personnes, des outils informatiques développés hors-sol et qui (forcément) tombent du ciel !

ARRÊTONS CETTE POLITIQUE CULTURELLE EN TROMPE L’OEIL !
RENFORCER RÉELLEMENT LES DRAC
AU LIEU DE LES VIDER DE LEURS MISSIONS,
(cinéma, bientôt le livre et après)
DE LEUR MOYENS HUMAINS ET FINANCIERS.