CE N’EST QU’UN DEBUT !

(actualisé le )

Jeudi 21 février à l’appel de l’Intersyndicale Culture à laquelle s’était jointe la CNT, environ 700 agents du ministère de la Culture et des établissements publics, hissés sur les colonnes de Buren, ont manifesté au Palais Royal sous les fenêtres du Ministère de la Culture.
Cette manifestation était prévue pour soutenir bruyamment la délégation syndicale qui était reçue par des représentants du cabinet du ministre et de la DAPA, dans le cadre des réunions de mise en place de la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques). Cette manifestation avait aussi pour but de dénoncer les effets de la RGPP sur l’organisation du ministère lui-même (diminution par regroupement des directions actuelles), le démantèlement programmé de la DMF (Direction des Musées de France), et les projets de réforme du statut de la fonction publique.

Parmi les manifestants se trouvait donc une très importante délégation des personnels de la DMF. L’ensemble des musées parisiens était représenté, ce qui rend compte d’une forte mobilisation et marque le succès de cette journée.

Etaient également présents une soixantaine d’agents de l’Inrap, venant principalement du Centre, de Champagne, de Normandie, d’Ile-de-France, de Limoges et de Dijon, et souhaitant également dénoncer le projet de filiale privée, autre conséquence de la RGPP.

La délégation syndicale reçue par le Ministère s’est heurtée à un nuage d’opacité. Rien n’a filtré des intentions de la Ministre, qui continue d’examiner les résultats d’audits concernant la mise en oeuvre de la RGPP.

La politique qui frappe de plein fouet la Direction des Musées de France programmée à disparaître, touche aussi l’Inrap avec le projet de filialisation d’une « structure ad hoc » qui réaliserait les fouilles du Canal Seine-Nord-Europe.
Solution toute trouvée pour le gouvernement, qui avait déjà refusé à l’Inrap la possibilité d’effectuer lui-même cette opération, en lui attribuant un budget 2008 trop bas.

A l’heure actuelle, plusieurs scénarii sont possibles, dont chacun mesurera la gravité :
- la sous-traitance par l’Inrap des diags à d’autres opérateurs
- sous-traitance ou co-traitance des fouilles avec d’autres opérateurs
- création d’un GIP (Groupement d’intérêt Public)
- création d’une filiale privée

Autant dire qu’aucune de ces solutions ne nous satisfait : c’est la négation du statut public d’opérateur de l’Inrap, son démantèlement complet, la segmentation dangereuse de la chaîne opératoire, le contournement des procédures d’agrément, la fin du développement des services archéologiques de collectivité. C’est aussi prendre le risque de la pérennisation d’une autre structure gestionnaire de grands travaux qui institutionnaliserait l’emploi précaire en archéologie préventive.

Le projet définitif du Ministère de la Culture sera présenté dans 10 jours à Matignon.

Quelle que soit la solution retenue, c’est un coup d’arrêt brutal pour l’avenir de la recherche publique !
Il appartient désormais aux assemblées générales dans les bases de se déterminer sur les suites à donner à ce mouvement.

Souvenez-vous de l’exemple anglais. N’attendons pas qu’il soit trop tard pour réagir.

AGISSONS MAINTENANT !

Section SNAC-FSU CIF et CNT Centre

Le 22 février 2008