CAP des conservateurs du 19 décembre 2017

Les jurys mis en place pour les mutations sont de plus en plus formalisés en raison de la circulaire de février 2017. Malgré cela, le retour des établissements d’accueil ne contient pas systématiquement la grille d’évaluation des candidatures. A l’inverse, cela conduit à un formalisme poussé, parfois aux dépens du fond.
Au musée du Louvre, il n’y a eu aucune pré-selection des 10 candidats au poste de conservateur en charge de la période gréco-romaine au sein du département de l’Egypte ancienne. Même ceux dont le profil scientifique était très éloigné de celui du poste ont été auditionnés. Du coup, les entretiens se sont tenus au pas de course, sans aucune question permettant de juger du niveau scientifique des candidats.
Les seules questions portaient sur l’adéquation du candidat aux choix politiques du président du Louvre, y compris à ceux pourtant déjà actés et mis en œuvre (réserves de Liévin, par exemple). Dans certaines DRAC, les candidats, qui avaient déjà été informés que leur candidature n’était pas retenue, ont été harcelés pour accepter de passer un entretien devenu sans objet.

Le poste de conseiller musée DRAC Occitanie site de Montpellier. Le choix de la DRAC se porte sur une candidate conservatrice de spécialité archéologie et qui a donc dû passer la CES. La commission a rendu un avis négatif mais la DRAC Occitanie maintient son choix afin, semble-t-il, d’écarter des candidatures internes. Vive la mobilité dira-t-on, mais dans ce cas-là pourquoi la même DRAC écarte-t-elle, pour le poste de CRMH adjoint, une candidature externe au profit d’une contractuelle locale, dont les qualités seraient « une grande connaissance de la région et une très bonne compréhension des enjeux locaux » ? D’un dossier à l’autre, la doctrine d’un même service se retourne à 180°, tout va bien. Labourdette a découvert en CAP l’opposition entre le choix de la DRAC et l’avis négatif de la CES et l’avis de l’administration est donc reporté.

Chef de l’inspection. C’est un architecte et urbaniste de l’Etat qui a été choisi pour remplacer Isabelle Balsamo après son départ à la retraite, alors même que les conservateurs sont majoritaires dans l’inspection. En outre, la cheffe de l’inspection suivait le corps des conservateurs et proposait les promotions au directeur général des Patrimoines. Est-ce maintenant un AUE qui le fera ?

Le poste de CRA de Pays-de-la-Loire a été pourvu, après le départ du titulaire comme Directeur des affaires culturelles de Guyane. C’est son adjoint qui devient CRA.

Tour extérieur via la CES : les candidats malheureux doivent consulter la grille d’évaluation et ne doivent pas hésiter à demander un retour au président du jury.
Aucun poste pour les spécialités archives et PSTN. Cela s’explique par le faible nombre de candidatures. A ce sujet, il faut rappeler aux collègues susceptibles d’être intéressés par le tour extérieur qu’ils ne doivent pas attendre d’être sollicités par leur DRAC ou leur chef d’établissement. Il s’agit d’une démarche personnelle, qu’ils sont libres de mener sans accord préalable de leur hiérarchie.

Concours Sauvadet. Six candidats avaient été admis. Quatre ont demandé le bénéfice du concours et ont suivi un an de formation à l’INP. Désormais conservateurs, ils retrouveront leur poste d’origine le 1er janvier 2018.

RIFSEEP
Il faudra une réunion (seconde quinzaine de janvier) pour finaliser l’annexe à la circulaire qui vient d’être publiée au journal officiel. Cette annexe distribuera les conservateurs (du stagiaire à l’INP au conservateur général directeur de musée) dans les 4 groupes RIFSEEP. Une fois cette annexe publiée, chaque conservateur recevra un courrier l’informant de son placement dans l’un des quatre groupes et il aura deux mois pour former un recours s’il s’estime mal placé.
Par ailleurs, il y a et il y a eu trois ajustement de paye.
- Sur la paye d’octobre, ceux qui n’étaient pas au socle de leur groupe potentiel ont été remontés.
- Sur la paye de novembre, pour ceux qui n’ont pas changé de poste depuis deux ans (ce qui sera ultérieurement porté à 4 ans), il y a eu une revalorisation forfaitaire fixée par grade.
Pour les conservateurs de classe normale (et excluant les conservateurs stagiaires) : 240 €
Pour les conservateurs en chef : 280 €
Pour les conservateurs généraux : 330 €
- Sur la paye de décembre, il y aura un complément indemnitaire annuel, qui sera cette année de 700 € pour tous les conservateurs.

Actualités des conséquences de la réforme territoriale
En CAP des conservateurs, comme récemment en CAP des ingénieurs d’étude, ont été examinés des recours d’entretien professionnel. La CAP n’a même pas eu à se pencher sur le fond des recours car ils étaient fondés sur la forme. Les entretiens ont été conduits par l’adjoint au chef de service et ont été validés par le chef de service, alors que l’arrêté du 6 décembre 2011 indiquait qu’il revient au DRAC de valider le compte-rendu des entretiens professionnels. C’est encore un exemple de l’absence de préparation de la réforme. Avec la démultiplication des sites, on crée des échelons, sans mettre à jour les textes et sans préciser la responsabilité de chacun. L’administration s’est engagée à actualiser les textes avant le lancement de la campagne 2018 d’entretiens professionnels. Ça ne leur laisse pas beaucoup de temps...

Cette multiplication d’échelons a augmenté le nombre de cadres nécessaires pour faire tourner les DRAC nouvelle formule, alors même que l’un des objectifs affichés était de réduire le nombre de cadres nécessaires. Or les difficultés, outre qu’elles rendent chèvres les personnels qui ne savent à quel chef ou sous-chef s’adresser, rendent de moins en moins attractifs les postes à responsabilités. Il y a un vrai risque à voir se multiplier au mieux les recrutements en interne, au pire les postes non pourvus, y compris sur de grosses régions.

Plusieurs inspections, de l’IGAC et de l’inspection des patrimoines, ont eu lieu, notamment en Nouvelle-Aquitaine, en Grand-Est et en Auvergne-Rhône-Alpes
. Elles n’ont encore donné lieu à aucun retour vers les équipes. L’une au moins a eu pour conséquence des corrections d’erreurs de casting. Il ne faudrait pas cependant que le diagnostic se limite à des questions de personne, en croyant évacuer les problèmes que pose la nouvelle organisation multi-site. La responsabilité et les fonctions de chacun des échelons doivent être précisés, afin que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets avec de nouvelles personnes. La DGPAT envisage un accompagnement à la prise de poste de responsabilité.

Le SNAC-FSU a attiré l’attention de l’administration sur le malthusianisme que le concours INP fait peser sur le recrutement des conservateurs et ses conséquences rapides sur le vivier de cadres dont dispose le Ministère. Outre les problèmes hélas classiques de non adéquation des profils avec les besoins des métiers (des spécialistes de peinture sur toile pour gérer des bâtiments MH, l’absence d’archéologues dans les jeunes promos Musées alors même que de nombreux postes sont ouverts et s’ouvrent au Musée national de Préhistoire et à Saint-Germain, etc., etc.), les jurys de langue abusent de leur note éliminatoire pour virer la moitié des candidats, dont certains d’excellent niveau. Il faut y mettre fin et rapidement.

Sous réserve que l’arrêté fixant le taux promus/promouvables soit publié dans l’intervalle, la CAP du 29 mars traitera des avancements dans le corps (de conservateur de classe normale à en chef et de en chef à général).


Karim Gernigon