Aurélie Filippetti reconduite à la tête du ministère

(actualisé le )

Le SNAC-FSU a pris connaissance de la composition du nouveau gouvernement.

Nous nous félicitons du maintien du ministère de la culture et de la communication comme ministère de plein exercice, choix qui rejoint les mandats exprimés par la majorité des organisations syndicales du ministère.

La reconduction d’Aurélie Filippetti la renforce politiquement, ce qui devrait lui permettre une défense d’autant plus active des missions et des moyens de sa sphère ministérielle.

Dans cette perspective, nous attendons que la ministre exprime de manière très claire sa position vis-à-vis du tour de vis budgétaire qui nous est annoncé. Pour nous, le ministère de la culture a déjà beaucoup trop sacrifié aux politiques d’austérité, ne lui permettant plus de remplir la totalité de ses missions de service public et exposant ses personnels à des conditions de moins en moins tenables dans leur quotidien professionnel.

Pour nous, la culture n’est pas réductible à l’économie culturelle et doit être défendue politiquement, y compris dans une dimension de gratuité.

Pour nous, une politique culturelle nationale est essentielle si l’on veut préserver les missions fondamentales de démocratie culturelle, de sauvegarde du patrimoine et d’aide à la création.
Ces principes sont sous-jacents au traitement de tous les grands dossiers que connaît notre ministère actuellement. Ainsi :

- Une véritable éducation artistique et culturelle ne pourra être mise en œuvre que dans le cadre d’un réel partenariat avec les acteurs de l’éducation nationale et de l’éducation populaire, encore faudrait-il que son programme repose sur des moyens, humains et matériels, à la hauteur de l’ambition.

- La décentralisation culturelle ne peut porter ses fruits que si l’Etat est en mesure de jouer un rôle de pivot, de régulateur et d’animateur des politiques locales. Le rôle des services déconcentrés du ministère (DRAC-STAP) doit être repensé et renforcé et leur lien avec les services centraux clairement établi. Une DRAC n’est pas un petit service d’expertise et de contrôle à la discrétion du préfet, elle n’est pas non plus un magasin où chaque collectivité viendrait puiser telle ou telle compétence selon son inspiration.

- Les services centraux du ministère doivent être protégés dans toute la diversité de leurs métiers, ils doivent être le lieu où se pense et se conçoit la politique culturelle, ils doivent en avoir les moyens.

- La tutelle sur les établissements publics doit être clarifiée et renforcée. Il est urgent de mettre un terme à l’éclatement du ministère en petites baronnies aux mains de personnalités peu respectueuses des agents et de leurs missions.

- Nos missions ne doivent pas être entraînées dans le cercle du profit et de la marchandisation. Il doit être mis un terme aux externalisations, que ce soit dans les services d’accueil et de surveillance des musées ou dans les opérations de numérisation des bibliothèques patrimoniales, comme il doit être mis un terme à la concurrence privée en archéologie ainsi qu’à la course à la rentabilité imposée aux établissements.

- La création doit être protégée à travers une sécurisation du régime des intermittents.

Sur l’ensemble de ces sujets, les agents du ministère de la culture et l’ensemble des acteurs du champ culturel attendent un véritable changement de cap. Nous attendons que la ministre, confortée dans son mandat, exprime une position politique forte sur l’ensemble de ces sujets.

Quant au nouveau gouvernement auquel elle appartient, voulu par le Président de la République comme un « gouvernement de combat », nous attendons qu’il soit clairement établi que ce combat n’est pas dirigé contre les agents et contre les citoyens mais pour plus de solidarité et de service public.