Archéologie : encore des efforts pour que ça marche !

(actualisé le )

Le 14 mars, un millier d’archéologues de l’INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives), des services régionaux de l’archéologie (DRAC, Ministère de la Culture), des collectivités territoriales, de l’Université et du CNRS sont de nouveau descendus dans la rue pour une journée d’action, à l’appel de l’intersyndicale des archéologues (Culture/Université/CNRS). Ils ont été reçus au ministère de la recherche et au ministère de la culture, les deux ministères de tutelle de l’INRAP.

Pourquoi une fois de plus, des archéologues dans la rue ?

L’activité dans le domaine de l’archéologie préventive a connu depuis la mise en application de la nouvelle réglementation une croissance régulière de 2002 à 2006, corollaire d’une meilleure prise en compte de l’archéologie dans les travaux d’aménagement. Cette croissance a toutefois suivi des rythmes différents selon les régions, pour des raisons diverses : pression économique, effectifs insuffisants dans les DRAC au sein des services régionaux de l’archéologie, résistances locales d’aménageurs ou des politiques là où l’activité « préventive » n’était pas de tradition, faiblesse des effectifs des équipes de l’INRAP... A moyen et long terme, l’objectif à poursuivre est bien de développer et d’équilibrer les pratiques « préventives » sur l’ensemble du territoire, comme source irremplaçable de connaissances.

Mais ce développement se heurte à l’insuffisance de moyens humains, dont les conséquences sont lourdes pour la discipline :
- difficulté de l’INRAP pour répondre aux appels d’offre de fouilles ou aux demandes de réalisations anticipées des diagnostics ;
- allongement des délais d’intervention ;
- manque du temps nécessaire à l’étude après fouille ;
 impossibilité d’assurer le renouvellement des équipes opérationnelles.

L’allongement des délais d’intervention provoque le mécontentement des aménageurs et des politiques. En retour, les archéologues se retrouvent confrontés à une volonté systématique de limiter leurs interventions : pression des préfets pour diminuer le nombre d’opérations ou les annuler, plafonnement a priori des recrutements de contractuels de l’INRAP, non renforcement des effectifs des services régionaux de l’archéologie. Tout est bon pour juguler au maximum leur capacité d’action.

Sur le front de l’emploi :

Fin 2006, un premier combat contre la précarité a permis de transformer 350 CDD en CDI. Le combat pour une augmentation des effectifs reste encore à gagner.

La journée du 14 mars a eu pour effet d’obtenir une augmentation du plafond d’emploi, pour faire face aux besoins les plus urgents. Le ministère de la culture, au nom du gouvernement, prenant toute la mesure de l’importante mobilisation, a accordé une « autorisation exceptionnelle de déplafonnement », strictement encadrée, pour faire face aux nécessités de l’activité de « fouilles » de l’archéologie préventive. Si l’intersyndicale à enregistré de façon positive cet engagement, elle incite à la plus grande vigilance sur les modalités de sa mise en œuvre et demande que « les instances paritaires dans les Directions régionales des affaires culturelles (DRAC) et à l’INRAP soient saisies (...) afin d’apprécier si les moyens sont en adéquation avec les besoins. »

Si les mesures accordées le 14 mars peuvent permettre de résoudre les situations les plus urgentes ou les plus critiques, il n’en reste pas moins que l’augmentation prévisible de l’activité archéologique tout autant que le nécessaire renouvellement des générations rendent indispensable la planification de nouveaux recrutements dans les années prochaines et pour l’avenir.

A ce titre, la question du niveau de plafond d’emploi recoupe celle de l’avenir des étudiants et des filières de formation en archéologie dans les universités (Master recherche, Master-Pro, ...).